À huit ans, allongé dans la chambre de mon père chez mes grands-parents, je passais des heures à contempler un globe terrestre lumineux qui servait de lampe de chevet. Les continents aux couleurs pastel, les océans aux dégradés de bleu et les noms de villes minuscules inscrits à sa surface ouvraient devant moi un territoire imaginaire infini.
Ce globe est devenu ma madeleine de Proust. Sans quitter mon lit, je voyageais mentalement d’un continent à l’autre, inventant des aventures. Ces explorations ont été ma première porte vers l’imaginaire et vers le monde.
Trente ans plus tard, la série « Mémoire d’un globe » prolonge ces sensations d’enfance. Dans mes peintures dialoguent des paysages symboliques où se rencontrent mythologies, cultures et fragments de voyages imaginaires.
Les lignes noires structurent mes compositions comme les contours d’une carte, tandis que les couleurs franches rappellent les teintes des planisphères.
À travers cette série, je retrouve les sensations de mes premiers voyages oniriques : ces moments où, enfant, le monde entier semblait contenu dans la lumière douce de ce globe qui a tant marqué mes jeunes années.



















